Quel instrument astronomique choisir ?

Quel télescope choisir ?

Sommaire

Si vous êtes passionnés d’astronomie ou débutants, inévitablement, au gré de vos lectures, réflexions ou observations l’été à l’œil nu, vous réfléchirez à acquérir un jour un instrument astronomique. La capacité de l’œil étant très limitée, un télescope ou une lunette astronomique, permettent de  mieux voir le ciel et de percevoir les magnifiques détails des planètes, galaxies et nébuleuses qui nous entourent.

Grâce à sa capacité à collecter de la lumière, un télescope ou une lunette, font entrer l’observateur, ou l’astrophotographe dans une autre dimension d’émerveillement et de découvertes.

Saturne par Patrick Antoine

Saturne par Patrick Antoine

Il est en effet facile avec n’importe quel instrument de contempler les anneaux de Saturne, ou les innombrables cratères de la Lune. C’est ce que permet une lunette dès 70mm de diamètre pour un budget minime (moins de 120€).

Pour découvrir les nombreuses merveilles du ciel profond (objets par définition peu lumineux – galaxies, nébuleuses, amas d’étoiles) il faut opter pour un instrument lumineux (sous-entendu, avec un fort pouvoir collecteur de lumière) soit un télescope d’au minimum 200mm de diamètre.

Télescope ou lunette ?

Cette interrogation revient souvent, voici quelques éléments pour vous aider à choisir facilement votre instrument grâce aux points forts et faibles de chacun.

  • Une lunette pour quoi faire ?

C’est le premier type d’instrument dirigé sur la voûte céleste. Galilée, il y a plus de 400 ans, a détourné les longue-vues de l’époque pour en faire un instrument grossissant suffisant pour voir des détails des principaux objets célestes.

C’est l’instrument le plus simple à fabriquer (assemblage de 2 lentilles de différentes formes) et le plus économique pour débuter. La lunette se divise en 2 catégories. Les achromatiques (qui présentent une aberration, déformation optique, appelée chromatisme) et les apochromatiques (qui en sont dépourvus – d’où l’absence d’un liseré coloré sur les bords des planètes et de la Lune).

Réglées en usine elles sont simples d’utilisation et ne se dérèglent pas (sauf en cas de choc grave). Elles offrent souvent une grande polyvalence (astronomie, observation des animaux, paysages, détails architecturaux…).

– Schéma optique de la lunette astronomique :

Schéma Lunette Astronomique

Légende : Les rayons lumineux arrivent sur l’objectif (composé de 2 voire 3 lentilles) puis convergent vers le foyer. A cet endroit un porte-oculaire permet de régler la mise au point (netteté) pour faire coïncider le foyer de l’instrument avec le foyer d’un oculaire (système grossissant). 

Avantages et inconvénients de la lunette achromatique :

Points forts :

  • Facilité d’utilisation (pas de réglage – collimation*)
  • Économique (prix très attractif pour débuter)
  • Polyvalence (idéale pour l’observation des planètes, de la Lune, du Soleil et des objets terrestres)
  • Recommandée dans les endroits à forte pollution lumineuse (ville)
  • Second instrument pour le guidage en parallèle (photo)
  • Aucune obstruction centrale, bon piqué

* alignement de 2 miroirs l’un par rapport à l’autre

Points faibles :

  • Diamètre trop limité pour l’observation du ciel profond et la photographie des planètes
  • Non adaptée à la photographie (sauf solaire)

Avantages et inconvénients de la lunette apochromatique :

Points forts :

  • Facilité d’utilisation (pas de réglage – collimation)
  • Excellente qualité optique
  • Polyvalence (parfaite pour l’observation des planètes, la photographie du ciel profond et l’observation terrestre)
  • Idéale dans les endroits à forte pollution lumineuse (ville)
  • Aucune obstruction centrale, très bon piqué

Points faibles :

  • Diamètre trop limité pour l’observation du ciel profond et la photographie des planètes (sauf solaire)
  • Rapport prix/diamètre plus élevé qu’un télescope
  • Un télescope pour quoi faire ? 

Doté d’un miroir réfléchissant la lumière, le télescope est développé et perfectionné tout au long du 17ème siècle. La formule popularisée par Newton est de nos jours encore très utilisée par les astronomes amateurs.

Le télescope est doté de 2 miroirs. L’un, généralement concave,  fait converger les rayons lumineux vers un deuxième miroir qui réfléchit le flux incident vers l’observateur (sur le côté – version Newton) ou au milieu du primaire, percé à cet effet (version Cassegrain).

Le télescope est plus économique (à mesure que son diamètre augmente) comparativement à une lunette. De ce fait à partir de 100mm, il offre un rapport qualité/prix imbattable pour qui désire un instrument lumineux, malgré un encombrement plus important.

A partir de 200mm, les télescopes ouvrent une fenêtre incroyable sur le ciel, en permettant de voir de nombreux objets du ciel profond. En dessous de 200mm (150, 130mm typiquement) il est très difficile de voir en détails, et en nombre, des galaxies ou nébuleuses.

Plusieurs types de télescopes existent. N’hésitez à nous contacter pour des détails sur chaque type. Nous parlerons principalement du Newton (le Dobson étant identique optiquement) et des Cassegrain (Schmidt, Maksutov et Ritchey-Chrétien).

– Schéma optique du Newton (pareil pour le Dobson) :

Schéma Télescope Newton (Dobson)

Légende : Le flux incident arrive au fond de l’instrument sur le miroir primaire (le plus grand), puis converge vers l’avant, en direction du miroir secondaire. Incliné à 45°, ce dernier renvoie perpendiculairement les rayons lumineux vers l’un des côtés du tube optique.

Avantages et inconvénients du télescope Newton (et Dobson) :

Points forts :

  • A partir de 200mm, permet de voir le ciel profond en détails (quantité et qualité)
  • Très économique vu le diamètre
  • Rapport f/D court (grand champ d’observation)
  • Obstruction faible par rapport aux Cassegrain

Points faibles :

  • Collimation (cela s’apprend et un œilleton/cheshire aide grandement)
  • Longueur, poids importants à partir de 300mm

– Schéma optique d’un télescope Cassegrain (similaire pour le Schmidt ou Maksutov) :

Schéma d'un télescope Cassegrain (Takahashi Mewlon 210)

Légende : Les rayons lumineux traversent d’abord la lame de Schmidt correctrice ou un ménisque (Maksutov), puis se réfléchissent sur le miroir primaire avant de converger vers le secondaire divergent. La lumière est renvoyée vers le centre du primaire, percé, rendant la configuration compacte.

Avantages et inconvénients du télescope Cassegrain (Schmidt et Maksutov) :

Points forts :

  • A partir de 200mm, permet de voir le ciel profond en détails (quantité et qualité)
  • Rapport f/D long idéal pour l’observation et photographie planétaire
  • Bon piqué/netteté en planétaire
  • Compact malgré une focale importante
  • Collimation, simple, seulement sur le secondaire

Points faibles :

  • Prix plus élevé que les Newton/Dobson
  • Buée sur la lame de Schmidt ou ménisque
  • Mise en température plus longue

– Schéma optique du Ritchey-Chretien  :

Schéma Télescope Ritchey-Chrétien

Légende : Le miroir primaire ici hyperbolique est plus coûteux à polir mais permet, en combinaison du secondaire lui aussi hyperbolique, d’éviter la coma. Aberration importante sur les Newton et Schmidt-Cassegrain entraînant une dégradation de la forme des étoiles du bord du champ.

Avantages et inconvénients du télescope Ritchey-Chrétien :

Points forts :

  • Excellent en astrophotographie du ciel profond
  • Absence de coma (étoiles allongées sur les bords)
  • Compatible avec des capteurs 24x36mm
  • Rapport de focale f/8 plus court que les Schmidt-Cassegrain

Points faibles :

  • Prix plus élevé que les Newton et Schmidt-Cassegrain
  • Collimation plus délicate à réaliser

Comment choisir ?

Établissez une liste des points les plus importants, pour vous, et vous trouverez (avec notre aide) très facilement l’instrument le mieux adapté (la marque, le prix et la disponibilité permettront de trancher). L’ensemble des données précédentes permettent de choisir plus facilement l’instrument de vos rêves. Cependant gardez bien à l’esprit qu’aucun instrument n’est parfait et totalement polyvalent.

Chacun est spécialisé dans un ou plusieurs des 4 domaines suivants (observation planétaire, photographie planétaire, observation du ciel profond, photographie du ciel profond). Il est indispensable que vous établissiez des priorités avant d’effectuer votre choix. Aucun instrument ne peut couvrir tous les besoins (sinon nous ne vendrions que ce modèle). Posez-vous les bonnes questions aussi sur le confort d’utilisation (poids, encombrement, GOTO, collimation…).

Sinon vous risquez de comparer les modèles entre eux… or chacun à ses points forts par rapport aux autres. Sachez aussi que plus en plus de nos clients combinent 2 instruments pour associer les caractéristiques spécifiques de chacun.

  • Tableau comparatif des tubes optiques
Type Observation planétaire Observation ciel profond Photographie planétaire Photographie ciel profond
Lunette Achromatique ★★★ ★★
Lunette Apochromatique ★★★ ★★ ★★ ★★★★
Schmidt-Cassegrain ★★★★ ★★ ★★★★ ★★
Newton ★★★ ★★★★ ★★★ ★★★
Dobson ★★★ ★★★★
Ritchey-Chrétien ★★ ★★★★
Maksutov-Cassegrain ★★★★ ★★ ★★★★

Quid de la monture ?

C’est principalement le choix de la configuration optique qui va guider la sélection de votre futur instrument. Dans quelques cas cependant vous serez amenés à réfléchir directement sur le choix de la monture, l’élément mécanique (hors trépied) qui supporte le système optique. Il est assez restreint, car il s’articule pour l’astronome amateur entre la monture équatoriale et la monture azimutale (ou appelée altazimutale).

Schéma monture azimutale Schéma monture équatoriale
Monture azimutale (ici « à fourche ») Monture équatoriale (ici « allemande »)
  • La monture azimutale

La monture azimutale se retrouve à la fois sur les lunettes d’entrée de gamme, pour l’observation terrestre,  les Dobson et avec de nombreux Schmidt-Cassegrain. Elle permet de déplacer le tube optique très simplement sur 2 axes : haut, bas ou gauche, droite. De ce fait, elle est la plus facile à utiliser et est très pratique pour de l’observation visuelle (planétaire et ciel profond) ou terrestre.

Elle n’est cependant pas adaptée à la photographie, particulièrement du ciel profond (nécessité de faire de la longue pose, or elle induit par son déplacement en « escalier », même avec une motorisation, de la rotation de champ). Avec un GOTO, ou l’aide au pointage Intelliscope, la monture altazimutale sur un Dobson est très confortable, rapide et facile d’utilisation. De même sur un Cassegrain (modèle à fourche). Nul besoin de contrepoids et d’équilibrage. 

Monture azimutale Sky-Watcher AZ5 Monture azimutale Dobson Kepler 254mm Télescope Schmidt-Cassegrain Celestron CPC800
Photo : Monture azimutale Sky-Watcher AZ5  Photo : Télescope Kepler Dobson 254mm Photo : Télescope Celestron Schmidt-Cassegrain CPC800
  • La monture équatoriale

Plusieurs types de montures équatoriales existent, la version « allemande » est cependant largement majoritaire chez les astronomes amateurs. Le suivi s’effectue ici sur un seul axe (l’ascension droite, l’autre axe est la déclinaison) qui permet de compenser la rotation terrestre (qui provoque le mouvement apparent des étoiles dans le ciel). Il faut au préalable réaliser l’opération de mise en station nécessitant de faire coïncider l’axe de rotation de la Terre avec l’axe de rotation de la monture (en visant l’étoile Polaire).

De ce fait les montures équatoriales sont idéales pour la photographie, particulièrement longue pose. Les erreurs de suivi n’affectent qu’un seul axe rendant la qualité des montures allemandes supérieure aux montures altazimutales. Pour le visuel, l’objet reste facilement au centre du champ d’observation en déplaçant uniquement l’axe horaire. Des contrepoids sont nécessaires pour équilibrer la monture. 

Monture équatoriale Sky-Watcher Star Adventurer Monture équatoriale Sky-Watcher-HEQ5 Pro GoTo Monture équatoriale Takahashi EM-400 Temma 2Z
Photo : Monture équatoriale Sky-Watcher Star Adventurer  Photo : Monture Sky-Watcher HEQ5 Pro GoTo Photo : Monture Takahashi EM-400

Si vous souhaitez avant tout faire de la photographie, alors la monture équatoriale est évidente. Elle est la seule à donner de bons résultats en longue pose (pour la photographie des nébuleuses et galaxies). Le choix à travers les différentes marques s’avère cependant plus délicat. Voici cependant quelques précieux conseils et n’hésitez pas à nous contacter pour plus de détails.Le choix est assez simple entre les 2 catégories. Si vous souhaitez avant tout faire du visuel, la monture azimutale est la plus économique. Donc entre un 200mm sur monture équatoriale et le même en Dobson… privilégiez le second. En plus aucune mise en station polaire n’est pas à réaliser d’où une plus grande simplicité et rapidité d’utilisation (haut, bas, gauche, droite pour les déplacements).

Dans les 2 cas la motorisation est un gros plus (en terme de confort d’utilisation). Elle permet de compenser « automatiquement », sans aide manuelle, la rotation terrestre. Le GOTO permet à l’utilisateur de trouver à coup sûr les nébuleuses, galaxies ou planètes qu’il recherche (surtout nécessaire pour les instruments à partir de 200mm de diamètre). L’Intelliscope, du fabricant Orion, est une alternative intéressante au manuel ou GOTO, permettant de trouver aussi n’importe quel objet, sans motorisation cependant, mais à un coût moindre que le pointage automatique.

  • Quelle monture pour l’astrophotographie ?
Schéma d'une monture équatoriale

Schéma d’une monture équatoriale

Ce domaine très spécifique de l’astronomie est le plus exigeant. La qualité de suivi de la monture est en effet l’élément primordial pour obtenir des clichés de bonne qualité. En visuel, le diamètre (la quantité de lumière) va être privilégié… alors que ce critère est moins important en photo.  Il vaut mieux une très bonne monture avec un petit tube (ou de qualité moyenne)… qu’un excellent tube… sur une monture moyenne. Le résultat (netteté de l’image) est directement corrélé à la qualité du système d’entraînement (usinage de la vis sans fin, roue dentée).

L’autoguidage apporte un plus indispensable… cependant pendant l’acquisition du signal de l’étoile-guide, la monture évolue sans correction durant plusieurs secondes. Il est donc nécessaire que la qualité de suivi soit bonne, de base, même en présence d’un autoguideur.

Nous conseillons fortement de démarrer l’astrophotographie à partir des modèles SkyWatcher HEQ5/EQM-35 (ou niveau supérieur NEQ6, AZ-EQ6). L’investissement dans le haut de gamme (Takahashi, 10Micron, Alcor System…) est rentable sur le long terme et permet d’obtenir des résultats spectaculaires, en plus d’une capacité de charge élevée et donc d’une compatibilité avec des instruments importants de 200 à 500mm.

Galerie photos des membres de notre équipe

Photo : Galaxie d’Andromède M31 – par Rémi Petitdemange – Page web Photo : Nébuleuse CED214 – par Richard Galli – Page web Photo : Nébuleuse NGC 7000 – par Maxime Delin – Page web
  • Tableau comparatif des montures
Type Altazimutale Allemande
Observation planétaire ★★★★ ★★★
Observation du ciel profond ★★★★ ★★★
Photographie planétaire ★★ ★★★★
Photographie du ciel profond ★★★★
Facilité de mise en place ★★★★ ★★

Pour résumer : 

Télescope Dobson Sky-Watcher 200mm

Un grand « classique » le Dobson Sky-Watcher 200mm

Choisissez l’instrument selon VOS besoins… et ne comparez pas les caractéristiques des instruments entre eux. Ce sont vos besoins qui guideront le choix de votre instrument… et pas l’inverse (l’instrument qui guidera vos besoins).

Pour cela établissez une liste de priorité. Quels sont les éléments les plus importants pour vous : planétaire ? ciel profond ? transportabilité ? prix ? confort (motorisation, compacité, GoTo…) ? visuel ? photographie ?

Aucun instrument ne permet de tout faire (sinon nous ne commercialiserons que ce modèle là). Si certains se distinguent par une polyvalence plus importante que d’autres, il faut accepter l’idée de ne pas tout faire avec un seul instrument.

  • Débutez en visuel par exemple avec un Dobson d’au moins de 200mm, puis si l’astrophotographie vous tente lancez-vous facilement avec une lunette de 80mm sur une monture type Sky-Watcher HEQ5 (il est en effet plus aisé de démarrer la photo avec un instrument de petite focale)
Toute l'équipe #TeamOU

Toute notre équipe de passionnés #TeamOU

Contactez un spécialiste (téléphonez-nous) ou faites une soirée découverte dans un club d’Astronomie avant de vous lancer dans l’achat de votre instrument. Votre choix n’en sera que plus pertinent et pérenne.

Évitez au maximum les étapes. La revente d’occasion en « astro » est une perte d’argent importante. Réfléchissez au maximum au long terme (même quand vous débutez). Nous sommes là justement pour vous aider grâce à notre expérience et les milliers de clients que nous avons conseillé au fil des années. Il y a des grandes tendances, « parcours » qu’il est recommandé de suivre… ou d’éviter.

Pour aller plus loin :

  • Une vidéo référence sur l’excellente chaîne AstronoGeek :

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